- « t'as lâché complètement le verre. Il y'a chez toi la psychose passagère.
Ce sont leurs regards qui nous trompent, des êtres de mensonge. Toi comme moi, on y a rien compris. Le mécanisme nous a échappé. »
Laurent jette sa bouteille de rhum. L'alcool a cramé les restes de son c½ur. Il n'a plus le mode d'emploi. Celui de la vie dehors. Cette histoire m'a fait un temps sourire . Mais la destruction est aussi mon drame. Au départ, Laurent était pour moi l'inconnu qui devra le rester, le type infréquentable.
- «Je me souviens de cette voix. Je t'ai vu pleurer hier soir.
Ta route, je la souhaites parsemée d'étoiles.
On peut pas empêcher la psychose. On peut pas empêcher les échardes.
Combien restent en stand by?»
Sebastien regarde sa montre. Il est trop tard pour refaire le monde.
« Je m'y attendais. La voir dans les bras de ce type, ça me donne envie de gerber. Elle sourit à tout va. Lui la regarde avec ce putain d'air niais insupportable. C'est terrifiant de subir ça. Je reste le spectateur impuissant de ce navet, de cette stupide bluette. Je ferai mieux de filer dans mon pieux, pionser et me réveiller dans quelques années. Peut-être, je retrouvai celle d'avant, celle qui s'évadait dans mes bras »
Mélanie note l'essentiel.
« Cet après-midi, en cours d'Allemand, j'étais assise à côté de Julien. J'ai essayé de lui parler mais j'ai pu. Jamais un mec m'a impressionné comme ça. La mèche rabattue sur le front, des yeux vert émeraude, une barbe rousse de trois jours. Son parfum, eau sauvage sans doute, est un pur délice. Faudrait que je puisse choper son numéro. Je l'écrirai sur la paume de ma main. Ce sera la clé du bonheur et lui l'homme de ma vie. Et oui ma pauvre mélanie, t'as le droit de rêver. Après tout, je me trouve plutôt mignonne. Suffit d'y croire un peu ... Oué, en fait non. Reviens sur Terre »
Tandis que sa jumelle brise la fléche d'Apollon.
« Je pense que je vais le quitter. Je sais à quoi m'en tenir aujourd'hui. C'est un pauvre type, voilà tout. Il a toujours les yeux rivés sur un décolleté plongeant, une fadasse en mini-jupe. Il me parle
d' amour ... un beau tissu de conneries. Il s'use en paroles vaines. Moi je l'écoute et je m'ennuie. Je m'ennuie tellement il est rasoir, prévisible. Il se la joue Dom Juan mais il pisse dans ses brailles son égo froissé. Je mérites pas ça».
8. am. Gare de Saturne.
La pantin est sur le quai. Vêtu d'une longue veste, il contre-attaque le froid matinal. Il rêve d'une gorgée de café. Il aspire à rechauffer son coeur, son sang.
La pénitence n'a pas de visage.
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3-purgatoire